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Ensoleillement et productible photovoltaïque, pourquoi faut-il vivre avec le soleil ?

Le potentiel de production photovoltaïque d’une installation dépend à la fois de l’ensoleillement et de la surface de panneau. Si la surface de panneaux définit l’énergie qui peut être produite à un moment donné, l’ensoleillement au cours de l’année est aussi essentiel: zoom sur le cas de la région Rhône-Alpes.

L’ensoleillement varie fortement d’un lieu à un autre, d’une saison à une autre, et même à l’intérieur d’un mois ou d’une journée. Tout ce qui peut être appris sur la météo et l’ensoleillement est important pour adapter la surface, la disposition et l’orientation des panneaux à vos besoins.

La variation de l’ensoleillement (7 fois plus de soleil en juillet qu’en décembre pour la ville de Lyon) m’a convaincu de l’importance d’adapter son utilisation du photovoltaïque à la période de l’année et à la ressource disponible. C’est la conditions sine qua none de l’utilisation écologique du photovoltaïque.

3 périodes sont significatives pour la région Rhône-Alpes :

  • De Avril à Septembre: 6 mois d’abondance. Les panneaux produisent systématiquement 3 fois plus d’énergie (en Wh) que le chiffre de leur puissance en watts crête(Wc).
  • Mars et Octobre: 2 mois de transition. Ces mois séparent la période d’abondance de la période de disette, et l’énergie produite (en Wh) correspond à 2 fois le chiffre de la puissance crête (Wc).
  • De Novembre à Février: 4 mois de disette électrique. La production moyenne (Wh) par jour correspond à la valeur de la puissance crête (Wc) des panneaux.

Ces chiffres sont assez stables au cours du temps et ces périodes se vérifient ces 6 dernières années.

Il faut cependant noter deux éléments important :

1. Il s’agit de moyennes! Dans les cas extrêmes, on peut observer des journées avec une production quasiment nulle, auxquels succèdent des jours où la production est double par rapport à la moyenne saisonnière.

N.B. les jours sans production sont quasi inexistants, il peuvent se compter sur les doigts d’une main pour une année. Une surface minimum garantit donc un éclairage, un réfrigérateur et quelques appareils électroniques quelque soit la période de l’année et les conditions météorologiques.

2. Il s’agit d’un productible, c’est à dire l’énergie que l’on peut virtuellement consommer. Si les batteries sont pleines, que le soleil brille et qu’aucun appareil ne fonctionne, cette énergie est perdue. Il est donc important de faire un effort pour consommer l’énergie quand elle est disponible et ainsi ne pas avoir à sur-dimensionner les batteries qui constituent le composant le plus cher et le moins durable des installations photovoltaïques autonomes.

Suivant la taille de l’installation, l’utilisation des surplus se fait différemment:

  • A partir de 1000Wc : il devient très facile de cuisiner à l’électrique 8 mois dans l’année (si votre convertisseur 220V et votre batterie le permettent) ou d’ajouter un second réfrigérateur ou un congélateur pour profiter de toutes les fraîcheurs de la belle saison. Avec une installation inférieure à 1000Wc, la cuisine électrique reste possible mais pour une période plus courte.
  • à partir de 2000Wc: il est possible d’ajouter une climatisation par temps chaud.
  • au delà de 3000Wc: il me semble difficile de tirer parti des surplus produits dans un cadre domestique. A moins que les besoins incompressibles ne soient très importants à la mauvaise saison, nous ne recommandons pas de choisir une surface aussi importante.

Vivre avec l’électricité photovoltaïque nous lie fondamentalement à la météo et nous confronte tant à une abondance et à des surplus incroyables, qu’à la nécessité de restreindre sa consommation quand la ressource se tarit. Selon moi, il s’agit d’une formidable opportunité d’apprendre à utiliser une énergie renouvelable de manière renouvelable et écologique. Alors que nous utilisons tous l’électricité, nous avons majoritairement fait l’économie d’apprendre ce que consomme nos appareils et d’utiliser efficacement cette ressource, la faute à une abondance, elle, artificielle et d’un mode de facturation semestriel pas franchement incitatif.

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